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Les coulisses d’un Impact Journalism Day

By 19 février 2018 No Comments

IMG_2670En ce lundi 25 mai, Marie-Elie Aboul Nasr nous donne rendez-vous pour découvrir les coulisses de l’Impact Journalism Day, événement annuel où, grâce à Sparknews, 45 journaux mondiaux mettent en avant des solutions innovantes pour changer le monde.

En quelques mots, en quoi consiste Sparknews ?

Sparknews est un amplificateur d’impact social qui a pour but de faire connaître et accélérer le développement de solutions innovantes concernant des problèmes sociaux et environnementaux. L’un de nos plus gros leviers d’impact aujourd’hui est de travailler avec les médias pour faire connaître au grand public de telles innovations.

L’Impact Journalism Day (IJD) est un événement phare créé par Sparknews, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur la genèse de l’événement ?

C’est une longue histoire ! Christian de Boisredon a fait un tour du monde où il est allé à la rencontre d’entrepreneurs sociaux, dont l’une des plus grosses banques de micro-crédit au Chili. Les fondateurs de la banque de micro-crédit avaient eu l’idée de lancer cette organisation grâce à un article de journal racontant l’histoire de la Grameen Bank de Mohammed Yunus au Bangladesh. Ce qui a marqué Christian c’est que, sans cet article, il n’y aurait jamais eu l’idée de dupliquer la même chose au Chili. Et c’est comme ça qu’un journaliste a eu sans le savoir un impact retentissant à l’autre bout du monde. L’IJD est née de cette idée : les journalistes ont un premier impact en dénonçant les problèmes mais ils en ont un double lorsqu’ils exposent les solutions innovantes.

Et maintenant la troisième édition de l’IJD, c’est quoi en quelques chiffres ? Combien de personnes travaillent à sa préparation ?

Nous en sommes à la 3ème édition qui aura lieu le samedi 20 juin prochain. Il y aura 45 journaux pour un lectorat de plus de 120M de personnes. Dans l’équipe dédiée à l’IJD, nous sommes deux personnes consacrées uniquement à la relation avec les journaux, et au total une petite dizaine dans l’équipe sont impliquées dans le projet sur différents aspects. Nous avons aussi une rédactrice en chef ainsi qu’une petite équipe éditoriale car nous produisons nous-mêmes plusieurs articles et nous effectuons également des relectures. Donc en fin de compte la moitié de l’équipe de Sparknews baigne de plus ou moins près dans l’IJD.

On parle souvent du pessimisme français, les médias français sont-ils plus réticents à communiquer positivement (via l’IJD notamment) ?

Tout d’abord, nous ne disons pas forcément que ceci est une forme de communication positive. Cela fait partie d’un courant qui se dit constructif et basé sur les solutions, mais l’idée n’est pas de faire du positif pour faire du positif. Nous nous rendons compte bien au contraire que les médias français ne sont pas du tout réticents. C’est un projet qui plaît énormément car les journaux voient en l’IJD un approfondissement de leur travail d’information et d’explication du monde tout en ayant un autre type d’impact. De plus, nous voyons que les journalistes sont passionnés et connaissent déjà bien le monde de l’innovation.

Certains pays (ou continents) sont-ils plus réceptifs que d’autres lors de l’Impact Journalism Day? Ou est-ce davantage une question d’édition, pays par pays ?

Tous les continents sont réceptifs ! Nous n’avons eu quasiment aucun refus de la part des journaux contactés. Le principal motif de refus est le manque de temps, certaines équipes de rédaction étant tout simplement débordées par d’autres projets. Mais dans la plupart des cas, ils nous disent « Revenez-nous voir pour l’édition 2016, votre projet nous intéresse« .

Quels sont les arguments les plus fréquents qui poussent les éditions à vous suivre dans l’IJD ?

En règle générale, les pays sont emballés pour plusieurs raisons : le journalisme de solutions est universel, il fait sens sur tous les continents. On remarque de temps en temps que la 1ère année les équipes éditoriales ont plus de mal à se mobiliser en interne alors qu’à la 2nde ou 3ème édition ils sont victimes de leur succès et ont du mal à choisir les journalistes retenus pour l’IJD !

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots l’organisation d’un IJD d’un point de vue éditorial ?

Le processus éditorial est conçu pour maintenir une indépendance éditoriale des rédactions, tout en les accompagnant dans le choix des sujets et en évitant les possibles redondances entre des rédactions aux quatre coins du monde. Nous lançons un appel à projet très en amont de la rédaction des articles – cette année nous avons recueilli plus de 1000 projets de 113 pays -, ce qui nous permet de communiquer aux différentes rédactions les projets les plus innovants. Les journalistes trouvent également des sujets de leur côté, car ils connaissent mieux leur pays que nous. A partir de ces deux sources chaque journal choisit 3 sujets sur lesquels faire des articles, et nous les accompagnons pour assurer une bonne représentativité de tous les sujets et éviter les « doublons ». Ensuite, les journaux mettent ces articles en commun, ce qui représente un pool de 100 articles, et chaque rédacteur en chef choisit les articles qui l’intéressent le plus pour constituer son supplément Impact Journalism Day. Ainsi, chaque supplément est unique, et reflète les préoccupations et sujets de prédilection des pays et lectorats de nos partenaires.

En quoi l’organisation de l’IJD rentre-elle dans le cadre de l’économie collaborative ? Est-elle du type « crowdsourcing » ?

Tout à fait ! L’appel à projets permet de faire remonter beaucoup de projets et de mobiliser le « crowd ». Nous transmettons ensuite tous les projets aux rédactions. Même s’ils ne peuvent pas traiter tous les sujets pour l’IJD, cela constitue une manne d’informations non négligeable pour les journalistes.

Est-ce facile de travailler avec des rédactions de multiples pays ? Avez-vous des anecdotes ou histoires marquantes à nous partager ?

L’IJD se présente comme une alliance mondiale qui permet de donner une autre image de chaque pays. Par exemple le rédacteur en chef de notre partenaire japonais, Asahi Shimbun (le plus gros journal du pays avec un tirage à 7 millions d’exemplaires) avait dit l’année dernière : « l’IJD nous force à changer nos stéréotypes négatifs partout dans le monde pour en créer des positifs. Lorsque je lis une histoire sur le Yémen, l’Ouganda ou même les pays en développement, cela me force à revoir ma connaissance du monde et me donne cette fois-ci une vision positive de ces pays ».

Votre credo est « Partager les solutions » : suffit-il à d’avoir un impact et insuffler une dynamique positive?

Il y a plusieurs réponses dans la réponse. D’abord, en ce qui concerne le fonctionnement avec les journaux, plusieurs ont décidé de généraliser le journalisme d’impact. Cela permet un partage plus important des solutions. Par exemple nos partenaires au Mexique (Excelsior), en Ouganda (Daily Monitor) ou encore en Algérie (El Watan) ont mis en place de nouvelles équipes pour partager plus régulièrement des solutions innovantes. Deuxièmement, directement en lien avec les porteurs de projet de l’IJD, nous pouvons prendre l’exemple de Focus on Vision lors de la 1ère édition : un Danois a inventé un système pour fabriquer des lunettes réglables et adaptables à 90% des problèmes de vu pour seulement 4$ la paire. Il a été médiatisé dans un article dans le Straits Times, notre partenaire à Singapour. La femme du responsable RSE Pays Emergents du groupe Essilor lui a fait part de cet article inspirant. Le concept lui a beaucoup plus, ce qui a conduit au lancement d’un projet pilote entre Focus on Vision et Essilor ! Enfin, nous avons réalisé pour la première fois cette année une étude d’impact. Celle-ci a été très positive, montrant que la publication dans l’IJD a été bénéfique pour la grande majorité des projets interviewés. L’IJD a permis non seulement d’accroître leur visibilité mais aussi d’augmenter pour certains le rythme des donations/investissements.

Votre prochaine grande opération éditoriale Solutions&Co s’appuie sur le succès de l’IJD. Quelle sera sa spécificité ?

Suite au succès de l’IJD, nous avons été contactés par les Echos, qui souhaitaient travailler sur un projet qui s’appuierait sur les mêmes leviers que l’IJD, tourné cette fois vers le monde économique. L’opération a été conçue pour réunir les grands acteurs de la presse économique et des grandes entreprises partenaires, pour dénicher, médiatiser et accompagner des innovations à fort impact environnemental. L’opération Solutions&Co est un événement exclusivement réservé à la presse économique. L’une des principale différence entre l’Impact Journalism Day et Solutions&Co est donc le type de lectorat, dans le sens où dans la presse économique nous nous attendons à un public du type grandes entreprises ou du moins Corporate. Solutions&Co est également tourné vers les solutions climat, et s’inscrira dans la dynamique de la COP21 qui se tiendra à Paris en novembre. L’idée est de repérer et médiatiser des entreprises et organisations dont les innovations répondent aux enjeux du réchauffement climatique. Par ailleurs, cette opération ira plus loin dans la durée, car les projets retenus pour faire l’objet de l’opération médiatique seront également suivis dans le temps. Nous organiserons des rencontres et des workshops autour de leur développement, en partenariat avec les grandes entreprises impliquées dans le projet.

Un grand merci pour cette découverte des coulisses d’un Impact Journalism Day ! Antonin Bibal, Investir &+

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