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L’impact positif des nouvelles technologies vu des Etats-Unis

By 19 février 2018 No Comments

Aux Etats-Unis comme ailleurs, certaines nouvelles technologies ne semblent pas présenter une utilité sociale évidente. De toute façon, la notion d’utilité sociale aura toujours une dimension subjective: il est probable qu’ils sont nombreux ceux qui pensent que Facebook a une grande valeur sociétale parce que ce site renforce le lien entre les gens, alors que d’autres décriront sa futilité. J’ai eu l’occasion d’être exposé à trois initiatives très différentes mais qui toutes utilisent la technologie pour offrir un service qui n’existerait pas aussi efficacement.

Novaseek, une start-up basée dans la région de Boston, a créé une plate-forme qui met en contact chercheurs et hôpitaux et autres professionnels de la santé. Dans le cadre de leurs recherches, ces scientifiques peuvent poster sur la plate-forme Novaseek leurs besoins en biospécimens et l’information est envoyée à plus de 2000 hôpitaux qui ainsi peuvent trouver une utilisation à des spécimens dont ils n’ont plus besoin (les patients donnent leur consentement préalable). Novaseek résout ainsi le problème qui existait jusqu’à présent d’inadéquation entre demande et offre (les hôpitaux ne savaient pas quels chercheurs pouvaient avoir besoin des biospécimens dont ils n’avaient plus utilité) et permet de plus, grâce à une mise en ligne immédiate, de répondre à des besoins de spécimens qui peuvent être particulièrement urgents.

Dans un registre bien différent, l’entreprise ZenDesk de San Francisco s’est associée à une organisation de quartier travaillant avec des sans-abris pour l’élaboration d’une application smartphone Link-SF qui permet aux sans-abris de pouvoir facilement localiser différents services dont ils pourraient avoir besoin (abris, centres de santé, bibliothèques, centres de formation professionnelle). Il s’agit ici d’un partenariat public – privé réussi puisque les smartphones sont largement subventionnés par un programme gouvernemental.

Enfin, sur un thème plus léger, Jess, Meet Ken, une autre entreprise de la région de Boston, est la seule app de rencontres à travers laquelle des femmes présentent des hommes à d’autres femmes. Pour ainsi dire, c’est un système de recommandation entre femmes qui d’une part sélectionnent des hommes parmi leurs amis qu’elles trouvent « présentables » et d’autre part suggèrent ce contact à des amies et autres femmes de leur connaissance. Les « dating apps » sont pléthore et plusieurs de mes étudiants ont essayé d’en lancer de nouvelles (c’est tout dire). Mais les fondateurs de Jess, Meet Ken (justement Jess et Ken qui se sont rencontrés quand une amie de Jess lui a suggéré de contacter Ken…) vous expliqueraient que leur app résout la crainte principale des femmes au sujet des sites ou app de rencontres: ne pas savoir à qui on aura affaire.

Alors, Jess, Meet Ken ne résoudra pas nos problèmes de civilisation mais cette app permettra à certains de faire de belles rencontres, ce qui augmentera le niveau général de bien-être dans notre société.

Philippe Taieb – phitaieb@gmail.com

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